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[Presse] Le Père Nicolas s’attend à voir de nombreux fidèles pour Pâques

Ouest-France du Samedi 3 avril 2021 – Pays de Redon

ENTRETIEN. Dans le pays de Redon, le père Nicolas s’attend à voir de nombreux fidèles pour Pâques

La fête de Pâques est la plus importante pour les chrétiens. Mais pour la seconde année consécutive, elle a une saveur particulière, en pleine crise sanitaire. Le père Nicolas Esnault, vicaire, revient sur ce moment si particulier en ce week-end pascal.

Le père Nicolas Esnault s’attend à recevoir de nombreux fidèles pour l’homélie de Pâques.

Alors que la France se reconfine peu à peu avec de nouvelles mesures sanitaires plus strictes, le week-end de Pâques, fête chrétienne la plus importante, se profile à l’horizon. L’occasion de revenir sur la façon dont les paroisses de Saint-Conwoïon et Saint-Melaine en pays de Redon s’organisent.

À la suite du discours du président de la République aux Français, mercredi 31 mars 2021, qu’est-ce qui change pour la paroisse et les messes ?

Pour le culte, rien ne change. Les mesures sanitaires restent identiques : nous pouvons remplir les lieux de culte au tiers de leur capacité, ce qui nous permet d’accueillir 300 fidèles à l’abbatiale Saint-Sauveur. Le masque reste bien entendu obligatoire et le lavage des mains au gel hydroalcoolique aussi. Nous multiplions le nombre de messes pour permettre à tous d’y avoir accès.

Comment se déroule cette semaine Sainte ?

Le jour des Rameaux, la jauge était complète aux deux messes du matin. Nous avons dû surtout revoir le Triduum pascal, les jours qui précèdent Pâques. Normalement, le Jeudi Saint, on célèbre le dernier repas du Christ, avec l’eucharistie et le lavement des pieds des apôtres. Il n’y a pas eu de lavement. Ce Vendredi Saint, on célèbre la Passion du christ, avec la vénération de la croix, à 12 h 15, à l’abbatiale de Redon, ce qui permet aux personnes qui travaillent d’y assister. Et nous avons deux autres célébrations à 15 h, à Brain-sur-Vilaine et Sainte-Marie.

Ensuite, le samedi, c’est le jour du silence de Dieu, avec la veillée pascale de la tombée de la nuit jusqu’au jour. Avec le couvre-feu, nous avons demandé aux fidèles ce qu’ils souhaitaient. L’an dernier, il n’y avait rien eu, c’était le confinement total. Là, on sent le besoin de la nourriture spirituelle, ce besoin d’espérance et de donner du sens à sa vie. Alors on propose la veillée à 17 h, sans la procession. Mais nous allumerons le cierge pascal dans l’église. Enfin, dimanche, il y aura deux offices, à 9 h 15 et à 10 h 30.

Vous vous attendez donc à accueillir de nombreux fidèles ?

Oui, autour de 600 personnes le dimanche. C’est fête la plus importante des chrétiens. Nous nous attendons à avoir de l’affluence lors des offices, alors avec les bénévoles de la paroisse, on va redisposer les chaises et les bancs dans l’abbatiale.

On retrouve même ce qui avait disparu, le mode de la messe basse, à 9 h 15, avec peu de chants et d’orgue, et la grand-messe, à 10 h 30. Les paroissiens choisissent et ça se régule bien. Nous aurons aussi une messe à Langon, soit une capacité totale de 1 000 personnes.

Y a-t-il justement plus de paroissiens à venir à la messe ?

Au départ, leur retour dans l’église a été plus ou moins long. Avant le Covid, on accueillait 500 personnes dans l’abbatiale le dimanche. Je m’aperçois qu’il y a un regain d’attrait pour la religion. On sent que les personnes ont cette quête de sens, de fraternité une envie d’avoir des réponses sur la mort, la souffrance. On voit le monde qui nous échappe actuellement. Il y a des événements, comme cette crise sanitaire, qui nous obligent à nous reposer des questions fondamentales. L’Église a son mot à dire pour éclairer la liberté de l’être humain.

Comment allaient vos fidèles ces derniers jours ?

Ils étaient inquiets face à un possible reconfinement et une fermeture des églises, en perdant le lien social. Il y a des personnes en grande souffrance, qui n’ont plus de travail avec une nouvelle classe de pauvres et des gens détruits psychologiquement, à la recherche de fraternité. L’église restera ouverte, ce qui permettra de garder un lieu de ressourcement spirituel et fraternel.

Tout n’est toutefois pas à jeter dans cette période ?

Je la trouve passionnante, au contraire. Il y a des ruptures, du malheur pour une part. Et d’autre part, elle est source d’opportunité. Nous sortons, nous à la paroisse, de notre routine. La catéchèse s’est faite sur YouTube, nous avons mis en place les Anges gardiens avec la pastorale pour prendre soin des personnes isolées.

Avec la période qui se profile, nous allons sans doute reprendre les vidéos « Commencer à comprendre » pour les plus jeunes, avec grand plaisir.

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