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[Vidéo] Kibeho, premières apparitions mariales reconnues en Afrique (1981-83)

Article de « La Croix – Africa » paru le  28/11/2020

Le sanctuaire de Kibeho, au Rwanda

La seule apparition de la Bienheureuse Vierge Marie en Afrique, de 1981 à 1983, a été reconnue par l’Eglise en 2001. (voir une Vidéo de 50 minutes)

 


Entre 1981 et 1983, la Vierge Marie serait apparue à des pensionnaires du collège de Kibeho, dans le sud du Rwanda. Le 29 juin 2001, les apparitions mariales de Kibeho deviennent les premières reconnues par l’Église dans le continent africain.

En 1981, le collège de Kibeho, dans le sud du Rwanda, géré par les sœurs de la congrégation des Benebikira – Filles de la Vierge Marie – reçoit plusieurs dizaines de pensionnaires venant de tout le Rwanda.

Le 28 novembre, une des pensionnaires, Alphonsine Mumureke, affirme avoir eu une vision d’une femme se faisant appeler « Mère du verbe ». Au début, ses affirmations ne sont pas prises au sérieux. Certaines pensionnaires, des professeurs et religieuses croient qu’elle veut juste se faire remarquer ou qu’elle a perdu la raison. D’autres lui demandent des signes clairs pour adhérer à son histoire.

Quand, le 12 janvier 1982, le bruit court que la Vierge Marie est également apparue à la discrète et priante Nathalie Mukamazimpaka, une autre collégienne de Kibeho, certaines pensionnaires commencent à croire à la réalité des apparitions. Mais c’est l’apparition de la Vierge Marie à une troisième voyante, Marie Claire Mukangango, qui finit par convaincre le grand nombre qu’il se passe effectivement quelque chose d’extraordinaire. La jeune pensionnaire était, en effet, l’une de celles qui se défiaient le plus d’Alphonsine, arguant que la jeune fille voulait juste se faire remarquer.

Après ces trois apparitions, il y eut plusieurs autres présumées apparitions. Mais ce sont celles aux trois collégiennes de Kibeho qui ont été reconnues par l’Église le 29 juin 2001 après des études minutieuses d’une commission d’enquête formée de scientifiques et de théologiens d’autres pays.

Le message de la Vierge Marie à Kibeho

Le message de la Vierge à Kibeho tourne autour de la conversion et de la souffrance salvifique. À Kibeho, Marie a également exprimé sa tristesse face au péché dans le monde et invité à la récitation du chapelet des sept douleurs ainsi qu’à une plus grande assiduité dans la prière.

Le 15 août 1982, les trois voyantes affirment que la Vierge Marie leur a montré des images de rivière de sang et de corps démembrés.

Douze plus tard, une guerre au Rwanda allait opposer deux ethnies : la majorité hutue et la minorité tutsi. Entre 800 000 et un million de personnes, majoritairement des tutsis, furent tuées durant ces affrontements.

Kibeho ne fut pas épargné, en avril 1994, des civils ayant trouvé refuge dans l’église paroissiale furent tués. Un an plus tard, en avril 1995, des dizaines de milliers de réfugiés hutus furent massacrés à Kibeho par les troupes du nouveau régime.

Que deviennent les voyantes ?

Marie Claire Mukangango devint enseignante après ses études. Mariée à Elie Ntabadahiga, un journaliste rwandais, elle vivait à Kigali au moment du génocide. Son mari et elle font partie des milliers de victimes du conflit rwandais.

Nathalie Mukamazimpaka qui, après les apparitions, avait arrêté ses études pour se consacrer totalement à la prière, avait dû quitter Kibeho au moment du génocide. Après un séjour à Bukavu, en République démocratique du Congo, puis à Nairobi, au Kenya, elle retourna à Kibeho à la fin de la guerre et y vit toujours.

Alphonsine Mumureke, la voyante principale, eut un long parcours. Après ses études, elle travailla comme secrétaire du service de l’enseignement catholique de Butare dans le sud du Rwanda. Aux premières heures du génocide, elle fuit Kibeho et fut recueillie par un couple ivoiro-congolais qui l’emmena en RD-Congo puis en Côte d’Ivoire où sa vie connut un tournant décisif.

Elle y rencontra le père Raymond Halter, (1925-1998), prêtre religieux marianiste français, promoteur d’une grande dévotion mariale au sanctuaire marial national de Côte d’Ivoire, qui devint son directeur spirituel. À la mort du père Halter en 1998, le père Basile Gbangbo, prêtre du diocèse d’Abidjan, assura sa direction spirituelle. Il l’encouragea à suivre des études en théologie et en catéchèse jusqu’à l’obtention du baccalauréat théologique.

Alphonsine, qui aimait faire des retraites spirituelles au monastère des clarisses à Abobo-Té, à Abidjan, finit par intégrer l’Ordre de Sainte-Claire et fit ses vœux temporaires en 2003. Aspirant à s’adonner encore plus à la prière, la religieuse choisit d’intégrer une congrégation cloîtrée à Rome où elle vit actuellement.

Lucie Sarr

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